Je suis un agriculteur
Cahier des charges et principes

1- Une méthode de production reconnue par l'Union Européenne

Le cahier des charges de l'Agriculture Biologique s'applique uniquement à la production alimentaire et tout au long de la chaîne alimentaire : de la production (agriculteur) à la distribution.

L’agriculture biologique est un mode de production et de transformation respectueux de l’environnement et du bien-être animal. L’usage de produits chimiques de synthèse ou d’OGM est interdit. Les pratiques mises en place par les agriculteurs visent à préserver les équilibres naturels, la complémentarité sols-cultures-animaux dans une approche globale des systèmes de production sur le long terme.

Depuis 2009, l'AB est encadré par deux règlements européens :

Pour les productions non couvertes par le règlement européen (escargot, lapin, autruche, etc. …), la France a édité un cahier des charges national, respectant les principes du cahier des charges européen.

Une nouveau règlement entrera en application en janvier 2021.

 

2- Un signe de qualité reconnu par l’Etat

Au même titre que l’Appellation d’Origine Protégée/Contrôlée (AOP/AOC), de l’Indication Géographiques Protégée (IGP), que les Spécialités Traditionnelle Garantie (STG) et le label Rouge, l’Agriculture Biologique fait partie des 5 Signes Officiels de la Qualité et de l’Origine (SICO), dont les principes sont les suivants :

  • Une démarche collective et volontaire émanant de producteurs ou d’un groupement de producteurs
  • Des conditions de production strictes validées par l‘État
  • Des contrôles réguliers réalisés par des organismes indépendants agréés par l’État

Labels AB européen et français

Une garantie officielle pour les consommateurs :

  • Garantie de l’origine (AOC et AOP ; IGP)
  • Garantie de la qualité supérieure (Label rouge)
  • Garantie d’une recette traditionnelle (STG)
  • Garantie du respect de l’environnement (Agriculture Biologique)
  •  

3- La fertilité des sols au coeur des principes de l'AB

  •  Un sol vivant et fertile

En agriculture biologique, la gestion des sols est une priorité. On nourrir le sol pour nourrir la plante. On nourrit le sol par l'apport de matière organique, la mise en place de légumineuses (plantes fixatrices d'azote) ou encore l'alternance des cultures aux propriétés structurantes différentes. La dégradation de la matière organique par la vie du sol (bactéries, champignons, insectes, …) libère les éléments minéraux indispensables à la nutrition des plantes. Ainsi, les engrais de synthèse sont interdits.

  • Mettre en place des rotations : une nécessité

Les rotations sont obligatoires en Agriculture Biologique. La succession dans le temps de cultures complémentaires permet de maintenir la fertilité des sols et de lutter contre les adventices et les ravageurs en rompant leur cycle de développement.

  • La prévention : un maître mot

Dans le domaine de la lutte contre les ennemis et maladies des cultures ou de l’élevage, la prévention est essentielle. Pour les cultures : Fertilisation adaptée, rotations, utilisation de variétés végétales appropriées, préservation des équilibres entre les ravageurs et auxiliaires sont autant de moyens dont dispose l’agriculteur pour renforcer les capacités naturelles de résistance des plantes contre les agressions extérieures. Pour l'élevage : avec le respect du bien-être animal et les pratiques d’élevage qui y sont liées (accès aux parcours extérieurs, espace bien aéré, lumière et surface minimum, paillée à l’intérieur des bâtiments, densité des animaux et taille des bâtiments limitées), bon nombre de facteurs stressant sont diminués, impactant directement sur l’équilibre des cheptels et donc la santé des animaux. L‘observation des animaux devient également incontournable pour repérer les symptômes en amont et privilégier si cela est nécessaire des traitements à base de plantes tels que l’homéopathie, l’aromathérapie, etc.

 

4- Une période de conversion

Avant de pouvoir être certifié bio, une période de conversion est nécessaire. Elle permet notamment le nettoyage du sol et assure une période de transition pendant laquelle le cahier des charges est respecté mais la production ne peut pas encore être commercialisée sous le logo AB.

 

5- Une agriculture contrôlée

Tous les opérateurs de la bio doivent être contrôlés par un organisme certificateur (OC) privé, indépendant et agréé par l'INAO : producteurs, transformateurs, stockeurs, négociants, importateurs, conditionneurs, distributeurs.

Les OC répondent à :

  • Une obligation de moyen et une obligation de sanction ;
  • Un plan de contrôle, encadré au niveau national par des Directives de l’INAO ;
  • Une grille de sanction. Depuis novembre 2014, la grille de sanction est unique au niveau national.

Les opérateurs sont contrôlés une fois par an, complété éventuellement par une visite inopinée. Factures, étiquettes des produits utilisés, carnet de culture sont alors passés en revue et des prélèvements de terre, de feuille, … peuvent être réalisés.

 

6- La bio, un mode de production dynamique et vertueux

Le cahier des charges de l’Agriculture Biologique est reconnu comme un des meilleurs pour protéger la santé des consommateurs et l’environnement (eau, sol, biodiversité). Même si les effets sur le climat sont complexes à appréhender, les émissions de gaz à effet de serre en bio rapportées à l’hectare sont généralement plus faibles qu’en conventionnel (Fnab, 2018). L’agriculture biologique est :

  • Source d’emploi : Les fermes en agriculture biologique emploient en moyenne 2,41 unités de travail annuel au lieu de 1,52 en conventionnel et les emplois sont souvent plus qualifiés et moins précaires (Agence bio, 2019).
  • Moins émettrice : L’agriculture contribue à hauteur de 17.8% des émissions française total de Gaz à Effet de Serre (GES) et à 86.6% des émissions de N2O (Rapport Inra, 2013). Les principales sources de N2O sont les engrais azotés minéraux de synthèse, l’urée et les matières organiques non digérées des déjections animales. En interdisant l’usage des engrais chimiques de synthèse, le mode d’agriculture biologique est moins émetteur de GES que l’agriculture conventionnelle.
  • Contribue au stockage du carbone. Les rotations longues, les engrais verts, les implantations de légumineuses, le maintien d’infrastructures Agroécologiques (IAE, haie, bosquet, étant, talus …), le recourt au pâturage favorisent le stockage du carbone atmosphérique.